La pensée stridente
Retour décevant du billet de Daniel Laprès: j'ai eu plus de visites de gens googlant "Escher", pour un billet léger comme l'air, que de clics venant de son site. Il a répondu à mon dernier envoi [ici], ce qui me permettra de corriger une confusion de celui-ci: toute cette histoire a commencé non pas avec un article de Paul-Henri Frenière, mais un de ses billets. Mais lisez plutôt Pour en finir avec Daniel Laprès. Le positif s'arrête là. J'allais lui répondre en commentaire sur son blogue, mais comme il n'a pas commenté ce délicieux billet, où il aurait découvert le sens véritable de "maître", je boude et j'écris dans mon coin.
Daniel Laprès a une recette: écrire beaucoup pour faire oublier au lecteur qu'il tergiverse sans lier des faits; beaucoup d'épithètes disgracieuses, d'anathèmes, mais pour la substance... "j'ai pu aisément identifier ses références d'extrême-droite et illuminées (les Bérets Blancs [...] quiconque est le moindrement doté de jugeotte ne peut que s'en rendre très vite compte". Votre aise vous est surement d'un grand secours, mais expliquez-moi, simple illuminé et/ou béotien, comment je m'y prendrais pour arriver à de telles catégorisations, moi qui n'ai pas accès à votre cerveau et ses gabarits binaires. Je ne prendrai pas la peine de commenter à fond le long passage sur Pierre Falardeau, d'une mauvaise foi surprenante; pensez à la référence (sans citation) au Brésil, qui de mon souvenir est chez Falardeau en vérité la banalité que le fascisme est préférable au sous-fascisme. Mais tout le long du passage la pensée Laprès est morte-née, pour des raisons homologues à celles déjà données: M. Laprès voit du nationalisme sous les courants de l'histoire, j'y vois de l'impérialisme et du colonialisme. Une armée étrangère occupe ton pays ? Réfléchis d'abord à la pureté idéologique de tes compagnons résistants. Avec de la chance, tes enfants oublieront leurs statut d'annexés, et pourront se réjouir de vivre dans un état de droit libéral. En autant, bien entendu, que l'occupation ne soit pas d'origine "nationaliste". En passant, M. Laprès, les dictatures sud-américaines à partir de 1945 [1, 2] c'est l'impérialisme U.S., et ici dans la majorité des cas, "nationaliste" = comprador. Mais un intellectuel bien entrainé sait que la guerre c'est la paix et l'esclavage, la liberté.
N'oublions pas le coeur du billet, mon martyre. Suivant la logique de M. Laprès, le taux de chômage chez les palestiniens devrait être de 100%. Pensez-y si vous êtes montréalais: les hôpitaux, les universités, organismes et centres de recherches canadians, puis le big business international, l'honnêteté d'un québécois a-t-elle sa place ? Je devrais casser ma carrière, quitter le poste le plus enrichissant que j'ai jamais eu parce que je travaille en terre canadienne ? Ceci dit, je ne cache pas mes positions lorsque confronté, mais jamais au grand jamais voudrais-je voir mes envolées radicales atterrir entre les mains des grosses légumes de mon milieu de travail. Et quitter ne ferait pas disparaitre l'occupant. Et je connaissais leurs attitudes en signant, je suis un grand garçon et je me console: je pourrais être haïtien et espérer faire des t-shirts. La réalité, M. Laprès, cette chose qui grouille en dehors de votre cerveau, n'est pas une série de commutateurs.
Je finirai par une exercice de grammaire, corrigez la phrase suivante d'un canadien-français québécois francophone:
En tenant en plus compte de ses autres écrits (dont j'invite tout le monde à parcourir) on peut donc affirmer hors de tout doute que Pierre Falardeau n'est qu'un réactionnaire dans ce qu'il y a de plus infect.
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