dimanche, juin 13, 2010

Louis Cornellier

On soulignera, cette année, le 30e anniversaire du référendum de 1980, le 20e anniversaire de l’échec de l’Accord du Lac Meech et de la fondation du Bloc québécois, de même que le 15e anniversaire du référendum de 1995. Ce seront là de belles occasions à saisir pour relancer le discours souverainiste, pour rappeler que, s’il veut s’assurer un avenir en français, libre et ouvert sur le monde, le Québec ne peut compter que sur lui-même. Sinon, c’est la louisianisation, l’effacement (comme aux cérémonies des Jeux olympiques ou dans les instances internationales) et la soumission à un gouvernement fédéral au service du Canada anglais qui nous guettent.

Le Québec s’efface, Louis Cornellier, 5 mai 2010 via Vigile.net

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lundi, septembre 01, 2008

Vous n'êtes pas vous

Ils ont conquis nos territoires, pillé notre histoire et volé notre mémoire
Avec leurs thèses de fous, ils nous ont dit: «Taisez-vous!
Vous ne valez pas 10 sous
Vous n'êtes pas vous, vous êtes nous
Vous êtes dissous
Notre substrat vous subsume et la comparaison vous consume»
Faux! Nous venons d'avant
Nous sommes antérieurs
Nous sommes des créateurs, pas des créatures, pas des caricatures




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lundi, juin 04, 2007

J'ai des croutes à manger

J’ai travaillé très longtemps avec le public dans le transport en commun surtout dans l’ouest de Montréal.

L’Anglophone qui s’adresse à vous en anglais, chose normale pour lui, si vous le servez même en baragouinant un peu sa langue, reste très gentil avec vous.

Or moi, depuis l’avènement de la Charte de la langue française, j’ai systématiquement refusé tout service qui ne se ferait pas complètement en français.

Cela veut dire en clair que si la personne s’adressait à moi en anglais, elle n’obtenait pas le service escompté. Si la personne ne m’avait pas parlé en français, tout en restant courtois, je la laissais « partir bredouille ». J’ai donc été privilégié de pouvoir faire beaucoup d’expériences qui m’ont permis de voir le vrai visage de l’Anglo-Québécois contrarié dans ce qu’il croyait être son « droit sacré », c’est-à-dire, d’être servi dans sa langue.

Je ne le répéterai jamais assez ; si vous n’avez pas refusé à un anglophone un service qu’il croyait avoir le droit de recevoir dans sa langue, vous ne pourrez pas comprendre complètement ce que je dis.

Visages hideux. Comportement parasitaire

J’ai donc vu des visages hideux, j’ai subi la hargne et les menaces et j’ai été l’objet de plaintes et de mesures disciplinaires de la part de l’employeur qui était à genoux devant eux.

Et j’ai vu leur comportement parasitaire. Je les ai entendus dire : « This bus driver shouldn’t be allowed to drive the bus if he doesn’t speak English ! Imagine if some tourist comes along and he doesn’t speak English ! » en réaction à mon comportement. D’après eux j’aurais dû parler anglais pas pour eux, mais bien pour d’éventuels touristes (et, bien sûr, eux en auraient profité, les parasites !)

Et ils jouent aussi sur toutes les cordes, même celle de l’ignorance « I wish I could speak as good French as you speak English » (cela m’arrivait avant la loi 101, car après elle ils ne m’ont jamais plus entendu prononcer un mot en anglais).

Peut-il y avoir une conclusion ? Ce serait peut-être intéressant ! Je vous disais que je ne suis pas né ici.

En arrivant à Montréal en 1965 et en ayant été confronté aux demandes de m’exhiber en anglais si je voulais travailler, je me suis informé de source sûre au sujet des pourcentages respectifs des francophones et des anglophones.

Ayant su que les francophones représentaient environ le 82% de la population d’ici, je me suis dit : « dans quel pays normal la minorité dicte sa loi à la majorité ? ».

J’ai alors vu l’injustice à l’oeuvre et comme l’injustice ne fait pas bon ménage avec moi, j’ai commencé à faire naître en moi le désir de m’associer au peuple opprimé dans ses droits.

Antagonismes, Pierre Bianchi, 5 juin 2007

À réécouter: Montréal, ville française?

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vendredi, juin 01, 2007

Éditorial

La misère de la putain de la rue Ontario, la torture des enfants, la guerre éternelle et illimitée contre un ennemi dont la définition change continuellement… l’emprisonnement et la mise à mort des syndicalistes du Sud, et les lois spéciales du Nord, l’endettement individuel perpétuel – cartes de crédit, prêts étudiants, hypothèques -, le transfert des usines dans les pays colonisés, hier ouvertement, aujourd’hui par la Banque Mondiale… l’air irrespirable des villes, la fonte des glaces de l’Arctique, l’empoisonnement du sol… les morts infantiles, les maladies, les épidémies… les famines, celle d’Afrique, celle en Inde, qui l’an dernier a poussé des dizaines de milliers de cultivateurs au suicide – famines causées par l’imposition d’une agriculture consacrée à l’exportation, ou par des terres surexploitées, comme nos mers... la disparition des poissons, des insectes (êtes-vous allés dans un parc récemment ?)… le policier du tiers-monde, qui bat le travailleur exploité, qui bat sa femme épuisée, qui bat ses enfants… les caméras dans tous les centres-villes, les campagnes contre les « gangs de rue », qui passent mystérieusement sous silence les grandes organisations criminelles qui les emploient, qui elles se paient un maire ou un sénateur…

La honte, la colère et le désespoir des Haïtiens, des Algériens, des Québécois, des Tunisiens, des Lettons, des Français, des Beurs, des Palestiniens, des Tchéchènes, des Mayas, celle des progressistes et même celle des réactionnaires…

Toutes ces choses forment l’État actuel de l’Humanité, et de la planète à laquelle elle appartient. Une crise dont nous ne sortirons qu’en comprenant la cause profonde du mal qui nous ronge depuis des millénaires, et dont le capitalisme n’est que la phase la plus avancée.

Lequel ?

Nous ne partageons pas. Nous n’écoutons pas. Nous n’entendons que notre peur du manque, et la voix dérisoire des oppresseurs. Mais ces derniers ne sont pas nos adversaires les plus importants. Celui que nous devons abattre, c’est l’oppresseur que nous entretenons nous-mêmes, celui que nous avons appris à recréer par nos paroles et nos gestes. Chacun de nous apprend à être son propre oppresseur. Ce n’est que de cette manière que nous pouvons devenir celui de notre voisin. Nous devons apprendre à être des libérateurs. Ce qui signifie avant tout, et par un travail incessant, se libérer soi-même. L’apprentissage de la liberté : c’est le travail militant.

Le peuple québécois est opprimé. Il l’est par le peuple canadien anglais, même si ce dernier aime croire à sa propre inexistence, et donc à son innocence. Mais nous le sommes aussi, bien entendu, par l’impérialisme américain, qui n’est lui-même que l’expression de l’oppression capitaliste, mondiale celle-là.

Le roi est mort. Bon débarras !, Christian Maltais, 1er juin 2007

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jeudi, avril 26, 2007

Renouer avec un discours de libération nationale radical

Sans grande surprise, je suis pas mal d'accord avec le Foglia de ce lundi, au sujet du voile:
Ce n'est pas quand ils parlent d'accommodement que mes amis m'énarvent, c'est quand ils parlent de sport. Notamment leur propension à confondre sport et loisir, à confondre compétition et ti-n'enfants-qui-jousent et qu'il ne faut surtout pas empêcher de jouer.

Sport et voile, Pierre Foglia, 23 avril 2007

L'Akratique offre sa solution. Cela étant dit, mesdames les musulmanistes, ceci ne me démoustille en rien. Z'avez perdu.

Mais y'a pas que le sport dans la vie, et rationalisons. Rappelons ce qui faisait la nouvelle il y a peu, d'un blogue réac typique:
Le reporter du Journal de Montréal Fabrice de Pierrebourg lancera la semaine prochaine le livre Montréalistan, dans lequel il dresse le portrait de 20 d'entre eux. M. de Pierrebourg avertit les Montréalais qu'ils ont tort de se croire à l'abri du terrorisme. Il soutient que «toutes les composantes de l'islamisme radical sont présentes» dans la métropole, des idéologues aux exécutants, en passant par des pourvoyeurs de fonds et des recruteurs.

Montrealistan, Montreal Resistance, 16 mars 2007

Les attentats seraient donc inévitables.

Le contexte: les médias québécois sont englués par un mème tenace, à tout le moins un point de mire médiatique, sur la "problématique musulmane"; que l'attitude soit neutre ou positive, à la Denis Lévesque, ne change rien à l'affaire: une méta-idée fait son nid douillet, un peu plus à chaque 'incident' qui survient: sont du trouble, eux autres. On parle ici d'immigrants qui parlent un français impeccable. Qui proviennent de pays où un enfant de 10 ans peut vous faire une exposé sur l'impérialisme et le colonialisme. Ça remonte à quand la dernière fois où vous avez vu un Greek/Jew/Italian/Irish et autres Canadiens brandir le fleur de lysée ? Vous avez pas fini de les écoeurer ?

Les attentats seraient donc inévitables. Avec un peu de bonne volonté, on pourrait croire déplacer cette colère destructrice contre le grand Satan vers un combat plus spécifique, mais de la même eau anti-impérialiste. 'Amis' terroristes islamistes, si inévitabilité il y a, pensez local, pensez utile.


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  • All quieted on the word front (pdf) [he] therefore is telling us, loud and clear, that he not only is a dedicated opponent of freedom of speech, but he believes with equal passion that it is critically important to safeguard the right to lie not in the interests of freedom of expression, which he strongly opposes, as just demonstrated, but rather in one special case: to lie in service of power and privilege.


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